KAIROS

Année/Diffusion : 2020/MBC

Par : Park Seung Woo, Lee So Hyun

Durée : 16 épisodes

Kim Seo Jin (Shin Sung Rok) est au point culminant de sa carrière. Jeune directeur ambitieux d’une grosse entreprise de construction immobilière, il fait des jaloux avec son talent et la petite famille parfaite qu’il forme avec Kang Hyun Chae (Nam Gyu Ri), délicate violoniste et mère attentive de leur adorable petite Da Bin. Un jour pourtant tout s’écroule, Da Bin est kidnappée, présumée morte, et Hyun Chae se suicide de désespoir. Au bord du gouffre, Seo Jin est surprit par un miracle : tous les jours à la même heure il peut communiquer par téléphone  pendant une minute avec Han Ae Ri (Lee Se Young), une jeune étudiante qui travaille et économise pour payer les frais médicaux de sa chère maman malade. Jusque là rien d’extraordinaire, sauf que la Ae Ri que Seo Jin contacte tous les soirs vit dans le passé, à un mois de décalage. Seo Jin demande à Ae Ri de l’aider à empêcher le kidnapping de sa fille. De son côté, la mère d’Ae Ri disparaît brutalement sans explication de l’hôpital, et Seo Jin va aider sa fille à la localiser.

Qui n’a pas rêvé de pouvoir retourner dans le passé pour changer le présent ? C’est humain de vouloir corriger le passé, surtout lorsqu’on est confronté à une tragédie qui aurait pu être évitée, tel l’enlèvement et le meurtre d’une enfant. Mais dans KAIROS (du Grec “le moment opportun”) les choses ne sont pas aussi simples, Kim Seo Jin se voit proposer un deal un peu différent et surtout plus limité : au lieu de pouvoir retourner dans le passé, il faut qu’il parvienne à convaincre via des textos et une minute d’appel par jour une parfaite étrangère de l’aider, et qu’il la guide ensuite par les mêmes moyens pour enquêter et agir à sa place. C’est un formidable gimmick qui a énormément de potentiel, et j’ai trouvé que KAIROS en tirait pleinement parti. Au début en particulier c’est la parfaite opportunité pour créer des scènes fortes, nos deux protagonistes se retrouvent très isolés dans leur temporalité et cette minute magique est une véritable bouée de sauvetage (presque littéralement pour Seo Jin la première fois) qui leur redonne un peu d’espoir.  KAIROS est aussi l’un de ces rares Kdramas où la manipulation de l’espace-temps et ses règles restent cohérents tout du long. C’est l’un des dramas que je recommanderai sans hésiter à quelqu’un qui cherche un bon thriller fantastique.

La musique est excellente, et la réalisation accompagne bien l’intrigue et son rythme effréné. Il y a quelques trouvailles visuelles réjouissantes comme la manière brutale et claustrophobe dont le titre est inséré, la lumière chaude du mois d’août où évolue Ae Ri contre la lumière froide du mois de septembre où évolue Seo Jin, ou encore la jolie manière dont ils ont traduit la désintégration du présent lorsqu’il est changé par les actions des protagonistes dans le passé. J’ai noté une utilisation un peu abusive de la shaky-cam pour certaines scènes tendues, mais à part ça c’est une réussite.

J’ai tout de même une grosse réserve : les personnages. Kim Seo Jin s’en sort avec un arc solide, de père aimant mais froid et irritable à père attentif, et sa relation avec Kim Jin Ho est probablement la plus satisfaisante du drama.  A mon grand regret, le reste est d’une pauvreté décevante. Ae Ri a un passé touchant avec son propre père (confirmant que les personnages les plus intéressants dans ce drama sont les pères) mais ce n’est pas une héroïne qu’on gardera en mémoire. Courageuse et droite du début jusqu’à la fin, c’est ce genre de personnage admirable sur le papier qui n’évolue pas et qui manque d’épaisseur à l’écran. Au début j’étais intriguée par sa relation explosive (c’est le moins qu’on puisse dire) avec Gun Wook mais une fois la tension retombée les deux jeunes gens n’ont plus grand chose à se dire. La mère d’Ae Ri est essentiellement un pion que le scénario a besoin de faire disparaître et réapparaître à sa guise, de manière parfois frustrante. Le méchant, totalement uni-dimensionnel et démesuré dans la violence, n’a aucun intérêt, et ses hommes de mains sont des carricatures de raclures sans scrupules qui ricanent au nez des héros. Spoilers/Hyun Chae était mon principal espoir, parfaitement jouée par Nam Gyu Ri elle porte l’intrigue et le mystère sur ses épaules pendant les trois-quarts du drama, et j’espérais qu’elle serait le “boss final” de Seo Jin et Ae Ri dans une bataille des cerveaux finale épique, mais à mon grand regret ce n’est pas le cas. Sans surprise la seconde où le drama décide de l’évincer au profit du méchant CEO corrompu (original), l’intrigue perd beaucoup de son intérêt. Le moins j’en dis sur Seo Do Kyun le mieux ce sera, ce pauvre personnage est une victime du début jusqu’à la fin, soit manipulé soit sacrifié dans l’indifférence quasi générale, et tout ça pour que Hyun Chae prouve qu’elle a un semblant de conscience à la fin (et encore même à la fin on peut dire que Hyun Chae n’est pas triste pour lui, et qu’elle est juste triste d’avoir perdu son laquet préféré). Meh./Spoilers 

C’est vraiment frustrant : ces problèmes n’ont de véritable impact que tardivement, et en conséquence ce sont les quatre derniers épisodes qui m’ont déçue alors que j’étais très prise par le drama jusqu’ici.

En bref : Excellent concept solidement exécuté. C’est aussi un très bon thriller à suspense, à part un twist final décevant qui rend les choses beaucoup moins captivantes, le drama ne relâche pas la tension et a un sens du rythme impeccable. J’aurais juste voulu accrocher plus aux personnages, au final j’ai réalisé que j’étais plus investie dans les ressorts de l’intrigue elle-même que dans leurs destinées individuelles, à l’exception du personnage de Shin Sung Rok qui bénéficie de l’arc le mieux écrit du drama.

3 thoughts on “KAIROS

  1. Ilumys (@Illumys)

    J’adore les histoires de voyages temporels ou d’allers-retours entre présent et passé, mais j’ai toujours un peu peur que le ballon se dégonfle en fin de parcours… Tu me donnes très envie de le tester avec ton avis :).

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