Imitation

Année/Network : 2021/KBS

Par : Han Hyun Hee, Choi Sun Young, Kim Min Jung

Durée : 12 épisodes

Lee Ma Ha (Jung Ji So) a sacrifié son adolescence pour accomplir son rêve : devenir un jour une idole. Mais la compétition est rude, et son agence la vend à une autre de bric et de broc en remplacement d’une trainee qui vient d’abandonner. Ma Ha décide de s’investir à fond et devient vite proche des deux autres membres du groupe ultra-nugu Omega III. Mais le jour de leur présentation au public en 2017, elles apprennent que leur ancienne collègue s’est suicidée, et doivent renoncer. Au même moment, un membre du groupe à succès SHAX disparaît sans explications, laissant son partenaire, l’étoile montante Kwon Ryok (Lee Jun Young) désemparé. Quelques années plus tard les filles d’Omega III gagnent leur vie en chantant dans des mariages et en animant des festivals régionaux. Ma Ha en particulier se fait connaître en faisant des imitations de la soliste La Ri Ma (Park Ji Yeon), ce qui lui vaut le surnom de “copie” dans le business. De manière inespérée l’ancien manager de SHAX qui a quitté leur agence suite au double scandale de 2017 leur propose un do-over, et Omega III a l’opportunité de trouver son public sous le nom de “Tea Party”. Enfin repérée, Ma Ha commence à obtenir des petits rôles sur des tournages et croise le chemin de Ryok, qui est aussi son ancien partenaire de danse quand ils étaient inconnus du grand public.

Imitation est un bon exemple du petit drama qui a complètement échappé à ma vigilance en raison de la saturation d’offres. Heureusement, on peut toujours compter sur la communauté des fans internationale qui continue bravement de checker à peu près tout ce qui sort, et grâce au bouche à oreille capter des pépites comme celle-là. Loin d’être parfaite, ce n’en n’est pas moins une délicieuse sucrerie qu’on peut binger en quelques jours sans risquer l’indigestion.

Le début du drama est assez tragique, et a une tonne d’intrigues et de personnage à présenter, si bien que j’ai mis quelques épisodes (et un second visionnage du pilote) avant de bien comprendre qui est qui et ce qu’il se passe. Il y a tellement d’agences et d’artistes différents qu’on peut facilement s’y perdre : je n’ai même pas parlé du groupe Sparkling dans mon résumé du scénario, alors que Yu Jin (Jung Yoon Ho) est l’un des personnages principaux et le rival de Ryok. Une fois le décor et les personnages plantés, on se laisse facilement embarquer dans la quête de Omega III/Tea Party qui cherche désespérément à faire son “debut” malgré sa mauvaise fortune et les stratégies sans merci des grosses agences. Une bonne histoire d’underdogs, c’est peu original mais toujours efficace. Bien sûr Ma Ha va faire tourner la tête du bad boy du groupe de Kpop le plus en vogue, on connaît la chanson. Leur romance est trop scolaire pour marquer, mais Lee Jun Young donne assez de charme au rôle pour qu’on craque facilement. Si je passe une bonne partie des épisodes à sourire stupidement devant mon écran quand il apparaît et qu’ensuite je cherche à revoir des clips de son groupe (U-Kiss), c’est que le drama a réussit son coup. En plus U-Kiss était l’un de mes groupes préférés de la période mèche emo-skinny jean-gel DOP de la Kpop du début des années 2010, donc bonus nostalgie !

Mais revenons au drama. Ce qui a rendu les choses intéressantes pour moi malgré les clichés, c’est la sincérité de l’écriture, la bonne alchimie entre les membres des différents groupes (SHAX a des scènes hilarantes, on aime l’esprit d’équipe de Tea Party), ce côté méta (tournages dans le tournage, faux clips de KPop…), et leur détermination à aborder les aspects les moins glorieux et les plus humains du business.  Le monde de la Kpop est petit : les gens se connaissent avant la gloire, savent quelles difficultés ils ont rencontrées pour percer, et se soutiennent tout de même malgré les rivalités et la mise en place d’une nouvelle hiérarchie implacable selon le degré de succès. On peut voir aussi la différence entre ceux que le show-business a rendu aigri, ceux qui ont abandonné, ceux qui essaient de garder un code moral malgré la pression, ceux qui regrettent leurs choix et ceux qui essaient d’améliorer les choses.

On sent également dans l’écriture que c’est un drama affecté par les suicides de jeunes idoles de 2017/2019 (Jonghyun, Goo Hara, Sulli…) qui veut parler plus du bien-être psychologique des artistes. Je trouve qu’ils ne vont pas assez loin, par exemple ils glissent sous le tapis un peu vite des choses importantes comme les troubles alimentaires des jeunes gens dont le poids est surveillé, mais d’un autre côté ils font de réels efforts pour dénoncer les pressions, condamner les contrats déséquilibrés à la frontière de l’esclavagisme et insister sur la nécessité d’accorder des avantages salariaux aux idoles. C’est encore trop caricatural, avec un méchant riche CEO d’un côté et un gentil Daddy Long Legs de l’autre sous les traits angéliques de Danny Ahn, mais c’est un pas dans la bonne direction. La résolution de l’intrigue autour d’Eun Jo est particulièrement triste et résonnante avec la réalité, c’est un mix de plusieurs scandales autour du trafic d’être humains dans le show-business (Jang Ja Yeon, Burning Sun), et j’ai été très touchée par le message des derniers épisodes, qui alertent là-dessus.

Dans la pure tradition des dramas à idoles, Imitation mélange les acteurs de carrière (Jung Ji So, Oh Hee Jun…) et les vraies idoles. Le casting est d’ailleurs une véritable lettre d’amour à la Kpop, il mélange les générations : on a le mythique groupe G.O.D (Danny Ahn), U-Kiss (Lee Jun Young), plusieurs membres d’Ateez, Chan Hee de SF9, etc. J’apprécie beaucoup qu’ils ne se soient pas concentrés exclusivement sur les groupes récents. La présence de Ji Yeon de T-Ara par exemple m’a fait très plaisir, surtout quand on considère leur histoire de dingue, qui se reflète dans les arcs de Ma Ha et de Ri Ma.

Au milieu de cette débauche d’idoles la jeune Jung Ji So a parfois du mal à “coller”, mais grâce à son talent elle rend attachante une héroïne trop classique sur le papier. Je me suis aussi demandée si quelqu’un lui en voulait dans la prod : c’est quoi cette perruque moche et ces vêtements mal ajustés ? C’est d’autant plus étonnant quand on compare avec le show de Tea Party à Music Bank où elle est dix fois mieux habillée/maquillée/coiffée. Et elle ne ressemble absolument pas à Ji Yeon ! Je comprends qu’ils n’aient pas osé supprimer cette idée de “copycat” de chanteuse pop, c’est l’accroche principale du scénario et c’est dans le titre, mais au final c’est assez vite résolu et le vrai cœur du drama se révèle être le parallèle entre Ma Ha/Ryok et Annie/En Jo, qui se termine sur une note (même une chanson !) positive et pleine d’espoir.

En bref : Tout faillible et stéréotypé qu’il est (j’aurais apprécié une fin un peu plus nuancée par exemple), ce drama n’en reste pas moins une sincère bulle douce-amère sur les coulisses de la Kpop qu’on dévore sans modération. De temps en temps ça ne fait pas de mal.

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