The King’s Affection

Année/Network : 2021/KBS

Par : Han Hee Jeong, Lee Hyun Suk, Song Hyeon Wook

Durée : 20 épisodes

La sœur jumelle du prince héritier Lee Hwi qui vient de naître (Park Eun Bin) n’a pas de chance : son existence est considérée comme un mauvais présage, et son père et grand-père veulent sa mort. Sa mère réussit à lui sauver la vie et l’abandonne. Sans famille, sans identité, “Dam Yi” devient servante à la Cour, où elle tombe amoureuse du jeune aristocrate Jung Ji Woon (Ro Woon) et rencontre le prince. Ce dernier, ébahi par leur ressemblance, lui demande de prendre sa place pour sortir du palais. Le prince est pris pour sa sœur et tué par le père de Ji Woon, bras droit du grand-père de Dam Yi. Dévastée, cette dernière apprends par sa mère la vérité sur son identité, et accepte de devenir prince héritier pour protéger les intérêts de son clan. Ji Woon écœuré par les crimes de son père quitte Joseon, et ne revient que des années plus tard pour ouvrir une petite pharmacie. Il se retrouve instrumentalisé par son père et forcé de devenir le tuteur du prince. Dam Yi doit redoubler de vigilance pour que son secret ne soit pas dévoilé, mais est-ce que ce sera suffisant pour tenir son ancien amour à distance ?

The King’s Affection est un joli sageuk ultra romantique, au rythme inégal et à la réalisation impeccable  (c’est vraiment beau et bien cadré, les costumes, les lumières, l’architecture, les cérémonies sont sublimes) qui doit beaucoup au charisme de son casting. Park Eun Bin est bouleversante en princesse au destin volé toujours en quête de reconnaissance de son père, et Ro Woon apporte une touche de comédie et de romance qui empêchent le drama de devenir trop triste. Une idée brillante du drama est d’avoir donné beaucoup de fraîcheur à leur relation en inversant les rôles traditionnels masculin/féminin d’un sageuk, et Ro Woon est l’acteur tout indiqué pour jouer un amant qui devient essentiellement une concubine secrète du prince. Les voir s’affronter, s’apprendre des choses en tant que tuteur et élève, flirter, se rapprocher en bravant les interdits, puis faire alliance et se dévouer l’un à l’autre malgré les risques est un bonheur. L’autre arc principal tout aussi prenant que l’évolution de leur relation est le passage à l’âge adulte de Dam Yi, terriblement isolée, renfermée et paralysée par la peur au début, qui s’ouvre, étend sa vision, s’affirme et s’épanouit grâce à ses différents soutiens et expériences.

Le scénario est solide, mais n’a qu’un degré de lecture. Ce n’est pas un drama que j’ai envie de revoir pour capter des subtilités qui m’auraient échappées : il n’y en n’a pas. Il oscille entre le tragique et le comique sans toujours très bien gérer les transitions, a plusieurs bonnes idées (comme faire du grand-père protecteur du clan du prince son pire ennemi) et d’autres…plus contestables. J’avoue sans peine avoir zappé tout l’arc de l’eunuque chinois que j’ai trouvé mal joué (Park Ki Woong, pourquoi…) et superflu, et même si c’est vrai qu’ elles apportent du piment à l’intrigue, les tensions autour des alliances par mariage du prince et de Ji Woon sont trop exploitées. C’est flagrant au cours des quatre derniers épisodes, les épisodes de trop, où les fiancées (délicieusement jouées par les charmantes Jung Chae Yeon et Bae Yoon Kyung) sont torturées par le scénario. Avait-on besoin de voir So Eun se faire briser le cœur deux fois ?

Je regrette aussi qu’ils aient fait des deux femmes des parangons de vertu (So Eun a une personnalité au début mais la perd rapidement), au final on ne s’attache à aucune des deux. C’est un problème qui affecte aussi les deux leads masculins secondaires, le cousin du prince Lee Hyun (Nam Yoo Sun) et le garde du corps énigmatique Kim Ga On (Choi Byong Chan). Les deux sont des soutiens indéfectibles de l’héroïne, mais restent à distance (Ga On en particulier est quasiment un rôle muet) et surtout n’ont aucune complexité ou aspérité qui les rendrait un peu intéressants. Pourquoi nous inventer autant de personnages secondaires, si c’est pour en tirer aussi peu de matière et les définir par un unique trait de caractère (dévotion, innocence, convoitise…). Idem pour les personnages de l’eunuque Bok Dong (Go Guy Pil), de la dame Sang Gung (Baek Hyun Joo)…à part leur dévotion sans faille, ils n’ont pas tellement de personnalité (comparez par exemple avec l’eunuque au service du prince dans Rookie Historian Goo Hae Ryung est vous verrez ce que je veux dire). Je me suis beaucoup plus attachée aux autres tuteurs du prince, qui eux avaient des scènes très drôles et touchantes (la scène de l’inspection de la bibliothèque m’a fait éclater de rire).

Les méchants pâtissent aussi de ce problème d’écriture, ils appartiennent au genre de méchants de sageuks qui ont des motivations simplistes (j’ai pas eu le trône, scrogneugneu) quand ils ne sont pas de purs psychopathes juste pour le fun. Heureusement que les pères des héros, très bien interprétés par Bae Soo Bin et Lee Pil Mo, apportent de la nuance, sinon on aurait eu un schéma méchants très méchants vs gentils très gentils beaucoup trop manichéen. Les arcs de chacun avec leur enfant sont riches en émotions, et un des points forts du drama.

Au-delà des personnages, l’écriture révèle également ses failles à la fin, au cours des fameux quatre épisodes de trop. C’est dommage parce que ça ne tenait pas à grand chose : un format de 16 épisodes aurait permis de se débarrasser de nombre de scènes superflues/répétitives et surtout de ne pas sacrifier le flux de l’intrigue qui jusqu’ici coulait sans heurts. J’ai abusé de l’avance rapide à la fin, et je dois admettre que ça m’a bien aidé à suivre le scénario sans trop m’ennuyer, pendant les scènes de conspiration notamment (faire autre chose en regardant le drama était aussi une bonne solution). C’est pendant cette partie qu’on réalise à quel point Park Eun Bin et Ro Woon (mais surtout Park Eun Bin) portent le drama sur leurs épaules. C’est pour eux que j’ai persisté, et je ne le regrette pas : j’ai été récompensée par un final aussi joli qu’émouvant.

En bref : Un joli fusion sageuk romantique à souhait, bien interprété par de jeunes acteurs charmants et talentueux, et aidé par une belle réalisation. Le scénario très premier degré est étiré sur trop d’épisodes. C’est le genre de drama qui bénéficierait d’un nouveau montage pour nous débarrasser du superflu et nous sauver de l’ennui des épisodes de trop à la fin. Je le recommande, mais n’attendez pas trop de complexité et soyez généreux sur l’avance rapide vers les épisodes 16 à 19.

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