Bilan des Kdramas d’Avril 2022

Avril aura été essentiellement un mois de déceptions et de faux départs, sauf pour une sortie qui éclipse toutes les autres.

Un mot sur l’actu

La news qui a le plus retenu mon attention ce mois-ci est le casting de la seconde saison d’Arthdal Chronicles (pour rappel, une série mêlant fantasy épique et politique à gros budget lorgnant du côté de Game of Thrones), qui remplacerait Song Jong Ki par Lee Joon Ki et Kim Ji Won par Shin Se Kyung. Je suis étonnée qu’ils n’aient pas demandé aux acteurs des saisons précédentes de signer pour l’intégralité de la série, alors que l’attachement des spectateurs à ces derniers me paraît être un élément majeur de leur fidélité. D’ailleurs je suis même étonnée qu’ils n’abandonnent pas le projet, ses chiffres nationaux étaient anecdotiques, et s’il a plutôt bien marché à l’internationale, il ne faut pas oublier qu’il a profité de la popularité de Song Jong Ki suivant le carton Descendants of the Sun. C’est aussi étrange d’associer le changement d’acteurs à un saut dans le temps de 10 ans, alors que Lee Joon Ki et Shin Se Kyung sont de la même génération que ceux qu’ils remplacent. Enfin le délai entre la première et la seconde saison sera de 5 ans si elle sort bien en 2023, et ça me paraît énorme. Je suis très perplexe devant ces décisions, et je ne serais pas étonnée de voir ce projet discrètement glissé sous la table. 

Côté audiences actuelles, si mon met de côté les séries longues de KBS, tvN et SBS ont continué d’être les leaders avec Our Blues, Military Prosecutor Doberman et Again My Life. Je suis un peu étonnée par la déchéance de Tomorrow, mais son sujet difficile (à ce qu’il paraît maladroitement géré) et son créneau ultra compétitif donnent des pistes d’explication. D’ailleurs MBC a dû sentir venir ce problème, et a vendu les droits assez vite à NETFLIX, alors que d’habitude leurs dramas manquent d’accessibilité. Une autre possibilité est qu’ils aient ciblé dès l’origine le public international (je pense en particulier au public japonais). J’espère qu’ils vont adopter à l’avenir une politique de diffusion à l’étranger un peu plus cohérente et envisager le simulcast, pour l’instant ils mangent à tous les râteliers (Apple TV, Amazon, Viki…), et parfois ne vendent même pas les droits.

Mes visionnages du mois

J’ai commencé par laisser tomber Business Proposal : après 6 épisodes, je pense que j’ai fais le tour de ce que le drama a à proposer, et je ne me suis pas attachée au couple principal suffisamment pour avoir envie de les suivre jusqu’à la fin. J’ai apprécié le drama en tant que comédie méta, beaucoup moins en tant que romance. Je ne pense pas reprendre non plus le pauvre Forecasting Love and Weather, qui n’est pas mauvais mais qui se retrouve éclipsé facilement par tout ce qui sort autour en ce moment (entre les jeux, les animes et les dramas la compétition est rude). 

J’ai terminé avec peine Twenty-Five, Twenty-One, le drama qui a l’un des pires titres que j’ai croisé à Kdrama-land. Ca faisait plusieurs épisodes que je n’appréciais pas la résolution des différents conflits (celui avec Yoo Rim puis celui avec la mère de Hee Do) et que je m’inquiétais du manque de liant entre les scènes du passé et celles du présent, mais j’espérais qu’ils sauveraient au moins l’histoire de leur couple principal, qu’ils finissent ou non ensemble. Je ne vais pas m’étendre, mais j’ai été très déçue par l’écriture des trois derniers épisodes et la manière dont ils concluent l’histoire de leurs deux protagonistes, qui deviennent les punching-balls de la scénariste avec des fils derrière un peu trop gros (c’est un mélo à l’envers !). Cet article résume en partie mes impressions. Je pars aussi avec le sentiment d’avoir été un peu arnaquée par la promo, notamment sur cette idée qu’on allait suivre les relations de ces personnages à travers leur vie : en fait ce drama nous parle d’une période assez courte et précise, à tel point que je me suis demandée l’intérêt des scènes dans le futur. J’écrirai peut-être un peu dessus mais j’ai peur que ça se termine en longue tirade, et c’est dommage d’en finir comme ça pour un drama qui m’a tant enchantée pour l’essentiel de ses épisodes. Je retiens Kim Tae Ri et Nam Joo Hyuk, qui étaient formidables, et ça reste un très bon drama de sport, mais il ne touchera pas mes favoris sur les mêmes thèmes comme les films Sunny et The Way We Were. Ah, et -10 points pour Gryffondor pour avoir cité la trilogie des Before de Linklater, pour au final ne rien faire sur le sujet des relations croisées à travers les âges.

Pour ce qui est des nouveautés, j’ai testé Showtime Begins (qui s’appelle From Now, Showtime! maintenant ?) et Sh**ting Stars, et aucun des deux ne m’a accroché. Le premier a une brochette d’acteurs très mignons et sympathiques (Jin Ki Joo en particulier est adorable, j’aimerais la voir dans des projets de plus gros calibre) et il y a de bonnes idées pour une solide comédie d’enquêtes surnaturelles, mais alors, c’est un enchaînement de clichés non-stop, du grand-père dix fois trop gentil qui meurt de sa générosité à l’héroïne vaillante en pâmoison devant son collègue/oppa (le fils du chef de police, évidemment) en passant par le héros arrogant et célèbre au passé tragique. Le drama fait aussi des choix étranges, comme cette ouverture trop longue  et violente sur un exorcisme qui ne colle pas vraiment avec le ton des autres scènes (je m’attendais presque à voir Kim Dong Wook surgir en criant “PARK IL DOOOO”), ou encore cette décision de ne pas mettre en avant les fantômes et de les traiter comme des sidekicks alors qu’ils sont de loin les personnages les plus intrigants. J’ai aussi trouvé ça trop long (ce pilote est interminable) et très inconsistant, les mêmes problèmes que j’avais noté devant Strong Girl Dong Bong Soon du même réalisateur, ce qui ne m’inspire pas confiance pour la suite. 

J’ai appris ensuite que Sh**ting Star a été intentionnellement nommé comme ça pour traduire le jeu de mot du titre coréen, mais n’ait pas réussi à aller assez loin pour voir si le drama a des blagues en rapport. Le casting de l’héroïne ne fonctionne pas pour moi, je ne comprends pas pourquoi ils continuent d’embaucher Lee Sung Kyung (repérée à l’origine comme mannequin) pour des rôles qui ne lui correspondent pas. Son casting était déjà embarrassant dans Weightlifting Fairy où ils superposaient sur elle des couches de vêtements pour la faire passer pour une haltérophile, et c’est encore un problème ici : on du mal à la prendre pour une travailleuse de l’ombre débordée et pendue à son téléphone avec sa mine lumineuse, son brushing parfait et son tailleur chanel dernier cri (le drama en est lui-même conscient : cf. le dialogue entre elle et son date sur le physique d’alien des stars). Pour un drama supposé s’intéresser aux gens en coulisses qui sont la plupart du temps invisibles, c’est un peu ironique. Je ne blâme pas l’actrice, elle n’est pas dénuée de talent et je comprends pourquoi elle accepte ces rôles stimulants, mais je commence à être lassée de ces stratégies de casting qui misent tout sur l’attractivité en évinçant la question des besoins du rôle.

Mais bien pire que ce décalage, qui peut facilement s’oublier à mesure qu’on avance, l’humour du drama ne prends pas. La mise en scène très dynamique et la musique sous-entendent que tout ce qu’il se passe est hilarant, mais j’ai réalisé au bout de vingt minute que je n’avais pas esquissé un sourire, et j’ai arrêté. A propos des scènes controversées sur la mission humanitaire du protagoniste masculin, c’est difficile de déterminer si c’était supposé être du premier degré pour nous le présenter sous un jour héroïque, ou du second degré pour se moquer des communiqués de presse intentionnellement naïfs visant à déifier les idoles auprès des fans. C’est sans doute un peu des deux, pour un résultat maladroit et indélicat. Je n’ai pas tenu assez longtemps pour voir un peu plus de la personnalité du héros et le jeu de Kim Young Dae, mais ce que j’ai entendu sur la suite  et son humour trash ne m’a pas vraiment rassurée. Par contre les intrigues autours des collègues de l’héroïne avaient l’air d’être sensiblement mieux jouées et écrites. Pour l’instant les audiences en interne sont mauvaises, ce qui me surprends un peu vu le thème accrocheur, mais j’imagine que comme moi beaucoup de spectateurs ont décroché rapidement et zappé sur autre chose. Je suis surprise que tvN n’ait pas venu les droits à NETFLIX, il aurait eu des chances de trouver son public auprès des abonnés qui cherchent une nouvelle RomCom au rythme endiablé après Business Proposal

Love All Play m’a plus convaincue, c’est le nouveau youth drama de KBS, et ça se sent qu’ils commencent à bien maîtriser ce genre. At a Distance Spring is Green, School 2021 et maintenant celui-là sont tous très beaux et bien produits, dotés de solides castings qui font l’effort d’aller chercher de jeunes acteurs prometteurs, et de scénarios plutôt solides.  Rien dans ce drama n’est très nouveau, et je n’ai pas suffisamment accroché pour avoir envie d’enchaîner sur la suite, mais j’ai beaucoup aimé comment ce pilote est structuré, comment on nous suggère ce qu’il s’est passé sans tout déballer d’un coup, comment on découvre les personnages principaux progressivement et subtilement. 16 épisodes me paraît long pour cette intrigue, mais c’est un drama de sport, il y a moyen que ça tienne sur la longueur avec la tension des tournois. Si vous cherchez une romance douce-amère type “young adult” dans le monde du sport, je recommande d’y jeter un œil. 

Enfin ma sortie préférée ce mois-ci a été évidemment My Liberation Diary (le seul drama à être capable de me détourner complètement d’Elden Ring, ce qui n’est pas un petit compliment). Que dire, Park Hae Young est en train d’égaler Song Ji Na dans mon estime, c’est le drama de tranche de vie parfait qui arrive au moment parfait. Le casting est idéal (Lee Min Ki !! Quelle performance ! Contre toute attente son Chang Hee est en train de devenir mon personnage préféré), la mise en scène réaliste tranche drastiquement avec le style très propre et léché qu’on voit dans tant de projets actuels au point de rendre l’image trop artificielle, et nous immerge dans cet étouffant, interminable, languissant et mélancolique été des héros. Les dialogues sont extrêmement fins et bien écrits, il n’y a pas une seule scène en trop, et j’en suis déjà au stade où chaque épisode me fait pleurer. Donnez tout le temps et tout l’argent à Park Hae Young pour qu’elle puisse continuer à sortir ces petites merveilles. 

Commencer ce drama m’a motivée à finir (enfin) My Mister, que j’avais arrêté vers les épisodes 10/11, simplement parce que je ressortais de chaque épisode bouleversée, et j’avais besoin de faire une pause. Vous n’aviez sans doute pas besoin d’entendre une énième personne le dire, mais c’est en effet un chef d’œuvre, probablement l’un des meilleurs dramas de sa décennie si ce n’est le meilleur (mon unique réserve porte sur le casting de Lee Ji Ah que je trouve beaucoup moins convaincante que les autres, ce qui est dommage vu la richesse de son personnage), et je recommande très fortement de le ressortir, si vous le faites trainer comme moi depuis des années dans votre liste de dramas recommandés à voir. 

Le mois prochain je pense tester en priorité The Soud of Music (ce serait cool qu’on ait *enfin* un bon drama de Ji Chang Wook, depuis le temps), Bloody Heart pour les jolis acteurs et hanboks et Kiss Sixth Sense, même si tout ce que je vois de la promo m’inquiète de plus en plus. 

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